LE FAIT DU JOUR. En plus des têtes d'affiche, ils sont une vingtaine d'anonymes à avoir annoncé leur candidature pour 2017. Combat d'idées ou plutôt affaire d'ego ?

Présidentielle 2017 : pourquoi tant de candidats ?

François Vigne, vous connaissez ? Non ? Il est pourtant candidat à l’élection présidentielle de 2017. Cet « entrepreneur de 46 ans et père de quatre enfants », comme il se décrit lui-même dans sa déclaration officielle, vient de dépenser quelques milliers d’euros pour publier un communiqué via une agence de com. Au fait, pourquoi lui ? « Parce que le monde change profondément et que la France doit se réinventer sous la conduite d’une nouvelle génération de responsables », assure avec aplomb cet ex-adhérent de l’UMP qui ne voit « franchement personne d’autre pour faire le job ». Comme François Vigne, ils sont déjà une grosse vingtaine d’anonymes à s’être lancés le plus sérieusement du monde dans la course. Surgis de nulle part, sans le moindre soutien des partis, mus par la seule conviction que président, après tout, ils le valent bien.

Dans ce bestiaire politique inédit, on trouve pêle-mêle un général à la retraite (Didier Dauzin), un ex-candidat du jeu télévisé « Pékin Express » (Jean-Pierre Mélia), un fleuriste parisien (Stéphane Guyot), un avocat et essayiste prêt à se lancer dans la primaire de droite (Michel Guénaire), ou encore un bonapartiste (David Saforcada). Et la liste des impétrants va encore s’allonger, pour composer le tube de l’été : « L’Elysée, et moi et moi et moi ! » Certes, il y a toujours eu depuis les débuts de la Ve République des esprits aventureux n’hésitant pas à se présenter à ce rendez-vous majeur « entre un homme et un peuple », comme disait Charles de Gaulle. « La présidentielle rend fou », dit-on souvent de notre système. Mais plusieurs raisons expliquent cette inflation jamais vue.

D’abord, la généralisation des primaires suscite mécaniquement une multitude de candidatures pour être celui qui rassemblera son camp. Déjà 12 pour celle de la droite en novembre, sans compter Nicolas Sarkozy voire Michèle Alliot-Marie qui ne devraient plus tarder à se déclarer !

Vous avez dit primaire ? Voilà celle du PS et de ses amis tout juste sortie du chapeau de Jean-Christophe Cambadélis. La sénatrice Marie-Noëlle Lienneman ou l’ex-inspecteur du travail Gérard Filoche se sont déjà lancés, en attendant d’autres prétendants. Avec, pour Filoche, une profession de foi canon : « Même une chèvre gagnerait contre Hollande ! » Et comme si ça ne suffisait pas, d’autres rendez-vous, d’inspiration citoyenne ceux-là, sont sur les rails. Notamment la Primaire des Français portée par l’écrivain Alexandre Jardin.

 «Le signe d’un abaissement de la fonction présidentielle»

Cette multiplication des vocations s’explique en outre par le prestige écorné de la fonction, qui semble autoriser toutes les ambitions, y compris les plus insolites. « Depuis de Gaulle, le standing a indéniablement baissé », déplore un ancien ministre de Chirac. Un refrain qui revient avec insistance depuis les deux dernières présidences, où le moindre geste, public comme privé, est vu, commenté et critiqué ad nauseam. Les Français ne s’y trompent pas : « 68 % d’entre eux estiment ainsi que ce grand nombre de candidatures est le signe d’un abaissement de la fonction présidentielle et du respect qu’elle inspire », constate Gaël Sli-man, directeur de l’institut de sondages Odoxa qui a réalisé une enquête pour « le Parisien » -« Aujourd’hui en France » (lire encadré ci-dessous).

Enfin, dans ce manège élyséen lancé à plein régime, il faut aussi compter avec la part d’ego et de culot toujours croissante du personnel politique. « Un passage à BFM ou i>télé, quelques tweets ou une matinale, et ils se croient autorisés à briguer le fauteuil suprême… avant même d’avoir été élu conseiller au niveau local », ironise un ex-Premier ministre qui regarde, mi-amusé mi-éberlué, ce bal des prétendants, dont certaines ex-gloires en quête de spotlights (Yade, Morano, Guaino…). Certes, nombre de ces candidats d’un jour risquent d’être vite oubliés. Eliminés par le verrou des 500 parrainages et vite remplacés par la « vraie » bataille, celle qui se jouera entre les cadors. Encore que… quelques-uns mènent campagne comme des pros, à l’image d’un François Vigne qui assure détenir 261 parrainages.

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Sondage : les Français jugent la démarche égoïste

Pour la grande majorité des Français (82 %) interrogés* aucun doute : toutes ces personnalités, parfois peu connues, qui ont annoncé leur intention de se présenter à la présidentielle « le font par pure démarche égoïste et pas du tout parce qu’elles auraient un projet pour la France », analyse Gaël Sliman, directeur de l’institut Odoxa. Dans le détail, 47 % pensent que ces candidats « veulent juste faire parler d’eux et exister dans les médias », et 35 % estiment qu’ils cherchent ainsi « à peser politiquement dans leur camp pour avoir des responsabilités dans un futur gouvernement ». Seuls 8 % des sondés croient que ces candidats ont un « projet pour la France ».

* Sondage Odoxa pour « le Parisien » – «Aujourd’hui en France » réalisé les 26 et 27 mai auprès d’un échantillon de 1018 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO : « Interdire une manifestation parce qu’il peut y avoir des risques à côté de la manifestation ? Que les forces de l’ordre aient les bonnes consignes ! Et nos services d’ordre feront leur travail. » (LP/Ph. Lavieille.)

Loi Travail : «Valls est un pyromane», accuse Mailly

Au Premier ministre qui appelle les syndicats à annuler les défilés de cette semaine, Jean-Claude Mailly, le patron de FO, répond «pas question».

«Les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements. » Manuel Valls, dans un entretien au « Journal du dimanche » hier, a appelé la CGT, FO et les cinq autres syndicats anti-loi Travail à renoncer aux deux journées de mobilisation prévues les 23 et 28 juin. Selon nos informations, ces derniers ont pourtant fait leurs demandes. Celle pour Paris est déjà sur le bureau du préfet et prévoit un défilé allant de Bastille à Nation. Comme Philippe Martinez, son homologue de la CGT, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, adresse une fin de non-recevoir au Premier ministre : « Si Manuel Valls ne veut plus de manifestations, qu’il se montre ouvert. »

Manuel Valls appelle les syndicats au « bon sens » et leur demande d’annuler les rassemblements prévus cette semaine. Que répond FO ?

JEAN-CLAUDE MAILLY. Nous maintenons les appels aux rassemblements et manifestations prévus les 23 et 28 juin. Je retourne l’argument au Premier ministre : le bon sens aujourd’hui, c’est qu’il examine clairement les propositions déposées sur la table, notamment par FO. Voilà ce qui, selon moi, permettrait une sortie par le haut et sonnerait l’arrêt des mobilisations.

Que ferez-vous si la préfecture décide d’interdire les défilés prévus, à Paris notamment ?

Pour le moment, ce n’est pas le cas. Nos unions régionales sur Paris sont en contact, comme d’habitude, avec la préfecture. Nous n’avons aucune information allant dans le sens d’une interdiction.

L’exécutif met en avant les risques de violences et les défaillances des services d’ordre lors du défilé du 14 juin…

L’exécutif mélange deux choses. Nous sommes responsables en tant qu’organisations syndicales, avec nos services d’ordre, du cortège en tant que tel. Cela veut dire de la tête à la fin du cortège, clairement délimité et encadré par nos services d’ordre. Tout ce qui est en dehors de la manifestation relève des forces de l’ordre. Je n’incrimine pas les policiers, dont le travail n’est pas facile. Mais nous ne sommes pas responsables des problèmes qui ont eu lieu devant le carré de tête, notamment lors de la manifestation du 14 juin. Quand des jeunes facilement repérables parce qu’ils ont des casques, des gants, un sac à dos, veulent entrer dans le cortège, on les en empêche. Ce qu’ils font alors, c’est qu’ils remontent le cortège et se mettent devant.

Que disent vos syndiqués FO dans la police ?

Nous savons bien, y compris par des témoignages, que les forces de l’ordre n’ont pas toujours des consignes très claires. Parfois, elles pensent qu’elles pourraient intervenir mais elles n’ont pas les consignes pour le faire !

Le 14 juin, les images ont montré un nombre impressionnant de casseurs…

Si nous, nous les repérons, nous ne sommes pas les seuls ! Ceux qui étaient repérables, pourquoi ont-ils pu continuer à agir ? Voilà la question qui mérite d’être posée. Cela nous discrédite d’ailleurs car le lendemain on parle plus des casseurs que de la loi Travail. Nous n’avons pas attendu Manuel Valls pour condamner les violences, y compris quand il y en a chez certains manifestants. De la même manière qu’il peut y avoir des bavures dans la police, il peut aussi y en avoir dans nos rangs et nous les condamnons. Notre rôle est de rappeler qu’on manifeste dans le calme.

Pourquoi l’exécutif accuse-t-il la CGT de tous les maux et pas FO ?

Peut-être cherche-t-il une tête de Turc. C’est une question qu’il faut poser à Matignon et à l’Elysée. Moi je ne suis pas dans un combat de coqs avec les uns et les autres.

Une interdiction de manifester entraînerait-elle un casus belli avec le gouvernement ?

Ce serait assez incroyable que des manifestations à l’appel de confédérations syndicales soient interdites. Cela poserait un sacré problème de démocratie. C’est un droit fondamental que le droit de faire grève. Interdire une manifestation parce qu’il peut y avoir des risques à côté de la manifestation ? Que les forces de l’ordre aient les bonnes consignes ! Et nos services d’ordre feront leur travail. Le mieux, si Manuel Valls ne veut plus de manifestations, c’est qu’il se montre ouvert. A chaque fois que le Premier ministre intervient, prend la parole dans les médias, il se comporte en pyromane au lieu d’apaiser la situation. Cela peut conduire certains à être énervés.

Espérez-vous une intervention de l’Elysée ?

Il faut les bons capteurs pour bien comprendre ce qui se passe dans le pays. Or je crains qu’ils soient déficients. Ils sont dans une tour d’ivoire. Comme Matignon, l’Elysée est un endroit qui isole. Il y a deux possibilités. La première, une discussion réelle s’engage, le texte bouge à l’Assemblée et sera suivi d’un vote. L’autre option, ce que répète le Premier ministre : on ne touche à rien et un nouveau recours au 49-3 s’impose à l’Assemblée. Si c’est ce scénario qui l’emporte, il va y avoir de l’amertume chez les salariés. A la rentrée, lors des déplacements de ministres, lorsque la campagne électorale démarrera, les gens réagiront, j’en suis persuadé. Et les manifestations continueront. Ceux qui pensent le contraire se trompent.

FOCUS - Des militaires tués par Mohammed Merah à l'attaque d'un commissariat en juin 2016, en passant par de nombreux attentats déjoués, les forces de l'ordre ont été la cible en France de multiples attaques. Sept d'entre eux ont perdu la vie depuis 2012.

Les militaires et les policiers, cibles privilégiées des attaques islamistes

Les policiers et militaires constituent des cibles privilégiées pour des actions islamistes en France, dans un contexte de menace terroriste très élevée. Depuis l’affaire Merah en 2012, sept d’entre eux ont perdu la vie sous les coups de terroristes.

• 11 et 15 mars 2012: trois militaires tués par Merah

Mohammed Merah assassine au nom du djihad trois militaires le 11 mars 2012 à Toulouse (sud-ouest) puis à Montauban (sud-ouest) le 15, avant d’attaquer une école juive le 19 mars, tuant trois enfants et un enseignant. Il est tué le 22 mars par les policiers du Raid.

• 6 octobre 2012: un projet d’attentat déjoué

Un coup de filet permet de démanteler la «cellule islamiste de Cannes-Torcy», dont certains membres, revenus de Syrie, auraient eu des projets d’attentat visant des militaires à Torcy, près de Paris, et sur la Côte d’Azur. L’un de ses membres confirme le projet de poser une bombe «chez des militaires ou des sionistes».

• 25 mai 2013: un militaire agressé à La Défense

Un militaire en faction est agressé à coups de cutter à La Défense, près de Paris, par Alexandre Dhaussy, 22 ans, converti à l’islam. Arrêté quelques jours plus tard, il reconnaît avoir agi au nom de son idéologie religieuse. Mais il a été ensuite déclaré irresponsable par la justice en raison de troubles psychiatriques.

• 20 décembre 2014: agression à Joué-lès-Tours

Un homme d’une vingtaine d’années agresse des policiers avec un couteau en criant «Allah Akbar», au commissariat de Joué-lès-Tours (centre), avant d’être tué.

• 7 et 8 janvier 2015: Clarissa Jean-Philippe et Amhed Merabet

Amédy Coulibaly, repris de justice et islamiste, tue une policière municipale à Montrouge, près de Paris, avant de prendre en otages le lendemain les clients et employés d’un supermarché casher de Paris, tuant quatre d’entre eux, tous juifs. Il est abattu quelques heures après par la police simultanément avec les frères Chérif et Saïd Kouachi, auteurs de la tuerie du 7 janvier au siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris, où ils avaient tué le policier Ahmed Merabet.

• 3 février 2015: agression au couteau devant une synagogue de Nice

A Nice (sud-est), trois militaires en faction devant un centre communautaire juif sont agressés au couteau. Moussa Coulibaly, originaire de Mantes-la-Jolie, près de Paris, est arrêté. Il exprime en garde à vue sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs.

• Fin octobre 2015: projet d’attaque de la base navale de Toulon

Hakim Marnissi, 25 ans, est arrêté à Toulon (sud) et reconnaît en garde à vue avoir été en contact avec un djihadiste français en Syrie et avoir projeté d’attaquer des militaires de la base navale de sa ville. Surveillé depuis sa radicalisation, il avait reçu un couteau de combat et deux cagoules par colis postal.

• 10 novembre 2015: autre projet d’attaque contre la base navale de Toulon

Annonce de l’arrestation le 29 octobre d’un homme de 25 ans, mis en examen le 2 novembre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Surveillé depuis un an, il avait cherché à se procurer du matériel pour un projet d’attaque contre des militaires de la marine nationale à Toulon.

• 7 janvier 2016: attaque d’un commissariat du XVIIIème arrondissement

Un an jour pour jour après l’attentat contre Charlie Hebdo, un homme reconnu par ses proches comme un Tunisien nommé Tarek Belgacem, tente d’attaquer un commissariat parisien en brandissant un hachoir de boucher et muni d’un dispositif explosif qui se révélera factice. Il est abattu par les policiers. Une revendication jihadiste incluant une profession de foi en faveur de l’organisation État islamique est retrouvée sur lui.

• 13 juin 2016: double meurtre à Magnanville

Un policier est tué de plusieurs coups de couteau en soirée devant chez lui à Magnanville, près de Paris. L’assaillant se retranche dans la maison avant d’être abattu par le Raid, qui découvrira le corps de la compagne du policier et le fils du couple, âge de trois ans, sain et sauf. L’homme s’était réclamé de l’EI et une agence proche de l’organisation jihadiste l’a décrit comme «un combattant de l’EI».

La place Beauvau a pris des dizaines d'arrêtés d'interdiction de manifester à Paris et en province, mobilisant 20 forces mobiles dans la capitale. La CGT prédit un mouvement dépassant le million de manifestants en France.

Loi travail : Cazeneuve veut stopper les casseurs par une vague d’interdictions de manifester

Une «mesure assez inhabituelle, assez massive». C’est en ces termes que le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a justifié sa décision de prendre des arrêtés d’interdiction de manifester le 14 juin pour quelque «130 personnes». Elles auraient toutes déjà été interpellées lors de précédents défilés contre le projet de loi travail et ne devraient pas, en principe, participer au défilé ce mardi, dans la capitale.

Dans le contexte d’extrême tension, de Marseille à Nice, en passant par les grèves et blocages à répétition dans tout le pays, le ministère de l’Intérieur espère que ces arrêtés auront plus de succès que les précédentes décisions de préfecture de police de Paris. Celle-ci, en effet, avait vu le 17 mai dernier, à la veille d’une manifestation contre la loi El Khomri, 9 de ses 10 précédents arrêtés, pris en vertu de la loi sur l’état d’urgence, retoqués par le juge administratif.

«Il n’est pas exclu qu’il y ait des casseurs qui commettent des exactions», justifie à nouveau le préfet de police. Mais cette fois, ses services pensent avoir soigné la rédaction des nouveaux arrêtés. Ils visent, assure le préfet Cadot, «des personnes qui constituent un risque de menace et un risque de violences» et qui ont «fait l’objet soit d’un jugement», soit «d’une comparution judiciaire dans l’attente d’un jugement à venir» pour des dégradations ou des violences lors de précédentes manifestations.

La police envisage 50.000 manifestants à Paris

L’interdiction est valable pour l’après-midi de mardi sur le parcours et aux abords de la manifestation entre la place d’Italie et les Invalides. «Ces mesures ont été prises dans l’application stricte de la jurisprudence du tribunal administratif de Paris», a plaidé avec insistance le préfet. Mais des associations de défense de personnes frappées d’interdiction assurent que des mesures signifiées sont valables jusqu’à 7 heures du matin le 15 juin. Ces associations enjoignaient depuis le 11 juin les destinataires des arrêtés à ne rien signer si la police ne leur donnait pas une copie de leur arrêté nominatif.

À Paris, ce mardi, le parcours de 5,5 km sera plus long que lors des précédentes journées de mobilisation. Le préfet de police dit attendre «plusieurs dizaines de milliers de manifestants, peut-être au-delà de 50.000». La plus importante manifestation contre la loi travail à Paris avait rassemblé, selon sa Direction du renseignement (les fameux RG), 26.000 à 28.000 personnes le 31 mars dernier.

450 cars prévus par la CGT

Ce mardi 14 juin «sera une journée de forte mobilisation», a donc estimé Michel Cadot. Il a appelé «à la responsabilité des organisations syndicales et des manifestants». Déjà, les grandes centrales ont promis un service d’ordre interne pour canaliser les débordements. Car Philippe Martinez, le patron de la CGT, annonce 450 cars (soit plus de 25.000 personnes par ce seul moyen de locomotion, à raison de 60 passagers par car en moyenne), sans parler des manifestants qui viendront à pied ou en voiture.

Un commissaire de police parisien met en garde: «C’est surtout en périphérie des défilés qu’il faut s’attendre à des incidents». À Paris, pas moins de 15 compagnies de CRS seront mobilisées, soit un millier d’hommes. Auxquels il faut ajouter au moins 5 escadrons de gendarmerie mobile, soit 500 hommes. Sans compter les effectifs des Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) et de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP).

Trop peu d’interpellations jusqu’à présent

Leur mission: des contrôles préventifs et des fouilles, pour détecter les éventuels porteurs d’armes ou de projectiles, mais aussi des arrestations, au besoin, tant il est vrai que le manque d’interpellation en cas d’échauffourées est régulièrement reproché aux autorités.

Par mesure de précaution, les voitures stationnées seront enlevées sur le parcours, de la place d’Italie au boulevard des Invalides, en passant par les boulevards des Gobelin et de Port-Royal. Ailleurs en France, les défilés seront nombreux et denses également, à raison de 2.000 à 6.000 manifestants, selon les capitales régionales. Des arrêtés d’interdiction de manifester ont également été édictés par dizaines en province.

Philippe Martinez pronostique 1,2 million de manifestants dans tout le pays, comme le 31 mars dernier, selon lui. Mais voilà: ses chiffres sont toujours deux à trois fois supérieurs aux comptages de la place Beauvau, nettement plus proches de la réalité. À Paris, l’écart est même encore plus important (100.000, selon la CGT, contre guère plus de 20.000, selon la police). Secrètement, au ministère de l’Intérieur, on se prend à espérer que le mouvement contre la loi El Khomri va finir par s’essouffler. C’est le pari de l’exécutif depuis le début. Un calcul à hauts risques.

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Réchauffement: même à “2°, de grandes villes menacées par la montée des eaux

AFP/AFP/Archives – Une cheminée d’usine, le 25 septembre 2015 à Shijiazhuang, dans la province du Hebei, en Chine

Shanghai, Bombay, ou Hong Kong: sous l’effet du dérèglement climatique, de grandes villes sont vouées, à long terme, à partiellement disparaître sous les eaux, même si le monde parvient à limiter le réchauffement planétaire à 2°C, soulignent des chercheurs américains dans un rapport publié dimanche.

A ” 2°C, le niveau des mers continuera à s’élever, pour couvrir des territoires aujourd’hui peuplés de 280 millions de personnes, pointe l’étude de l’institut de recherche Climate Central, publiée à trois semaines de la conférence sur le climat de Paris. Mais à “4°C, le phénomène concernerait plus de 600 millions d’habitants.

“Un réchauffement de “2°C représente une menace pour l’existence à long terme de nombreuses grandes villes et régions côtières”, souligne Ben Strauss, un des auteurs.

Mais les mesures prises pour réduire rapidement et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, qui dérèglent le climat et persistent dans l’atmosphère, feront malgré tout une différence: “nous avons encore devant nous un vaste éventail de choix”, ajoute le chercheur.

Deux cents ans (ce qui est peu probable) ou 2000, il est difficile d’estimer la vitesse à laquelle la mer va monter, souligne l’étude.

En tout cas, si les émissions continuent sur leur lancée, entraînant un réchauffement de “4°C, le niveau des océans gagnera 8,9 m (chiffre médian), avance le rapport.

Avec un réchauffement à “3°C, qui est la trajectoire tracée par les promesses actuelles des Etats pour freiner les émissions, les mers monteraient de 6,4 m, couvrant des zones de plus de 400 millions d’habitants aujourd’hui.

A “2°C, la mer gagne 4,7 m (3 à 6,3 m), et on passe à environ deux fois moins de personnes affectées. A “1,5°C maximum, objectif réclamé par les pays les plus vulnérables comme les petits Etats insulaires, l’élévation reste à 2,9 m et encore moitié moins de population concernée (137 millions).

- L’Asie en première ligne -

En terme de population, la Chine serait en première ligne: à “4°C, la montée des eaux concernerait un territoire aujourd’hui peuplé de 145 millions de personnes, un chiffre divisé par deux à “2°C, selon cette étude, qui ne tient compte ni de l’évolution démographique ni de la construction d’infrastructures comme des digues.

Parmi les autres pays particulièrement affectés: IndeBangladesh, Vietnam, Indonésie, Japon, Etats-Unis, Philippines, Egypte, Brésil, Thaïlande, Birmanie, Pays-Bas… Parmi les villes principales, Hong Kong, Calcutta, Dacca, Jakarta, Shanghai, Bombay, Hanoi, Rio, Buenos Aires, New York ou Tokyo.

Un lien sur le site de Climate Central permet de visualiser les impacts, par grande ville côtière.

Un premier diagnostic sur les Etats-Unis, paru en octobre dans les Comptes-rendus de la revue Académie américaine des sciences, promettait l’engloutissement de Miami et la Nouvelle-Orléans.

Les projections prennent en compte la dilatation de l’océan quand il se réchauffe, la fonte des glaciers mais aussi la dégradation des calottes du Groenland et de l’Antarctique, irréversible au-delà d’un certain seuil.

D’une région à l’autre, cette élévation ne sera pas égale: “Dans la plupart des cas, elle peut se traduire en centimètres par siècle, mais les deltas et les zones urbaines” sont plus vulnérables, notamment parce qu’ils sont moins protégés par les sédiments.

L’étude se base notamment sur des données satellitaires sur les niveaux océaniques.

Plusieurs chercheurs contactés par l’AFP ont souligné sa validité.

“Il y a quelques erreurs par endroits, mais c’est le mieux qu’on puisse faire avec les données disponibles publiquement”, estime Steven Nerem, de l’université du Colorado, qui a analysé la méthodologie de l’étude.

Jean-Pascal van Ypersele, du groupe international d’experts sur le climat (GIEC), évoque pour l’AFP “une étude solide”.

Pour l’océanographe Ben Marzeion de l’université de Brême (Allemagne), l’étude montre que “le report de mesures peut faire peser un incroyable fardeau sur de très nombreuses générations à venir”.

Depuis la Révolution industrielle, le monde a gagné 0,8°, un rythme inédit généré par les gaz issus pour l’essentiel des énergies fossiles. La communauté internationale s’est fixé l’objectif de rester sous les +2°C au total, et doit se retrouver le 30 novembre à Paris pour tenter de sceller un pacte universel permettant d’y arriver.

Ben Strauss, co-auteur de l’étude, veut croire qu’il sera “possible de changer, l’économie comme la politique”: “Certaines réunions historiques ont dessiné des frontières territoriales. La COP de Paris affectera la frontière globale entre terre et mer”

Hollande a rencontré Fidel Castro à Cuba

Le secret a été conservé jusqu’à la dernière seconde tant l’Élysée a craint que la rencontre historique soit annulée. François Hollande a été reçu par Fidel Castro dès 15 heures, heure de Cuba, soit 21 heures, heure française. Le Líder Máximo, bien que diminué et affaibli par la maladie, a accepté de recevoir dans sa résidence à La Havane le chef de l’État français, a annoncé dans la soirée l’Élysée dans un communiqué. La visite à huis-clos et sans caméra s’est terminée environ une heure plus tard. François Hollande était accompagné de deux conseillers diplomatiques et de Jean-Pierre Bel, ancien président du Sénat, marié en seconde noces à Iriadne Pla Godinez, mannequin originaire de Cuba.

“Je voulais avoir ce moment d’histoire. C’est l’histoire de Cuba et c’est l’histoire du monde. J’avais devant moi un homme qui a fait l’histoire. Venant à Cuba, je voulais rencontrer Fidel Castro”, a assuré François Hollande à la communauté française.

Hollande grille la politesse à Obama

Une double consécration pour François Hollande. C’est la première fois depuis l’indépendance de l’île en 1898 qu’un chef d’État français s’y rend. Et il est également le premier chef d’État à rencontrer l’ancien homme fort du pays, âgé aujourd’hui de 88 ans, depuis la mort d’Hugo Chavez, son meilleur ami sur le continent.

Le président français grille également la politesse à Barack Obama qui a annoncé le 17 décembre dernier qu’il promettait de rétablir leurs relations diplomatiques et de se lancer dans une coopération économique. L’Élysée assure que la visite a été décidée avant le dégel historique des relations entre Cuba et les États-Unis. La France fera son possible pour contribuer à ce que “l’ouverture puisse être confirmée, que les mesures qui ont tant nui au développement de Cuba puissent être enfin annulées, supprimées”, a déclaré le président en désignant l’embargo américain qui pénalise l’économie de l’île depuis 1962. Une rencontre historique dont François Hollande espère tirer profit sur la scène politique intérieure en redorant son blason auprès de la gauche de sa gauche.

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Burundi: reprise des manifestations contre un 3e mandat du président Nkurunziza

Les manifestations contre un troisième mandat du chef de l’Etat burundais Pierre Nkurunziza ont repris lundi dans la capitale burundaise Bujumbura, après un week-end de trêve, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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François Hollande joue au faucon et à la colombe

Cette attitude a une facture qui se paie cash. Une résistante impopularité qui montre à la fois un désamour froid doublé d’un immense discrédit de sa gouvernance et des ambitions de son mandat. Ce Hollande là, est victime désignée pour la satire politique qui moque allègrement son indécision et croque avec délice les rondeurs de ses formes et de ses actions. 

François Hollande est si “colombe” à l’intérieur que par une sorte de division de travail, à la fois calculée et naturelle, il laissa à son Premier ministre Manuel Valls et à celui de l’intérieur Bernard Cazeneuve le soin d’accélérer sur la riposte sécuritaire pour traiter les dangers du radicalisme, tandis que lui préfère naviguer dans des eaux plus consensuelles, à la limite de l’œcuménisme. Sa prestation à l’institut du Monde arabe et ses messages enjolivés qu’il adressa à ses compatriotes musulmans et au monde arabe en sont la parfaite illustration. 

Le second visage de François Hollande est celui qu’il offre dès qu’il est question de présence à l’international. C’est sous son impulsion que deux guerres françaises sont menées en Afrique. La première lorsqu’il s’agissait d’empêcher des hordes radicales de s’emparer du pouvoir à Bamako. La seconde lors de l’intervention en Centrafrique. Sur la Libye, la France de François Hollande est celle qui fait le diagnostic sécuritaire le plus alarmant et mobilise pour préparer les conditions d’une éventuelle intervention militaire internationale dans ce qui est devenu un grand “Hub” pour les organisations terroristes. 

Cette attitude volontariste, déterminée, s’était déjà illustrée dans la crise syrienne. François Hollande était un des rares chefs d’Etat occidentaux à militer ouvertement pour une intervention militaire contre le régime de Bachar El Assad. Aujourd’hui, alors que la France est frappée par le terrorisme, il ne rate aucune tribune pour regretter la décision des Américains de reculer à la dernière minute. Selon Hollande, le cauchemar terroriste qui pèse sur l’Europe et le monde trouve ses racines, entre autres, dans ce recul et cette indécision. 

Aujourd’hui sa perception de la crise syrienne peut avoir un effet mobilisateur pour les uns mais décourageant pour beaucoup. Il veut expurger la région d’organisations terroristes comme Daesh ou Al Qaida mais aussi débarrasser le monde du régime de Bachar Assad accusé d’avoir gazé sa population et d’avoir créé les conditions qui ont favorisé des organisations terroristes comme l’Etat Islamique. 

Même sur la crise du nucléaire iranien, tandis que Washington montrait une disponibilité à conclure un accord, même imparfait, avec les autorités de Téhéran, c’est la France de François Hollande et de Laurent Fabius qui a mis un coup de frein à ces retrouvailles enthousiastes entre iraniens et américains. 

Sans doute, face à un Barack Obama qui privilégie le dialogue politique à la confrontation armée, face à une Europe paralysée par ses instituions, face à une Chine préoccupée d’avantage par son commerce, François Hollande a voulu incarner le rôle de faucon, chef de guerre, dans cette longue et terrible guerre contre le terrorisme. 

Ironie de l’histoire, c’est cette démarche à l’international qui lui a procuré ses habits de président de la république en “national”. De là à dire qu’il peut réussir à la guerre ce qu’il a raté en économie, il n’y qu’un pas que certains sont prêts à franchir avec une dextérité de circonstances. 

Escarpins sur tapis de prière : une oeuvre retirée d’une exposition en France par crainte d’”incidents”

Intitulée “Silence”, cette installation de l’artiste plasticienne franco-algérienne Zoulikha Bouabdellah, créée en 2007-2008 et déjà exposée à Paris, Berlin, New York ou Madrid, devait être présentée dans le cadre d’une exposition à Clichy-la-Garenne, intitulée “Femina ou la réappropriation des modèles”.

Mais la semaine dernière, les commissaires de l’exposition ont été informés par la mairie de mises en garde émanant de représentants d’une fédération d’habitants de confession musulmane sur “d’éventuels incidents irresponsables non maîtrisables pouvant survenir”, ont indiqué deux commissaires et l’artiste dans un communiqué conjoint.

Zoulikha Bouabdellah s’est dite surprise de “l’incompréhension” suscitée par son oeuvre, qu’elle met “sur le compte de l’émotion liée” aux récents attentats en France perpétrés par trois jihadistes français et qui ont fait 17 morts entre le 7 et le 9 janvier.

Elle a précisé que son intention n’était “ni de choquer, ni de provoquer” mais de susciter “un dialogue” entre “profane et sacré” et sur “la place de la femme”.

“Je m’interroge sur les raisons qui poussent une certaine frange de Français de confession musulmane à voir dans cette installation une oeuvre blasphématoire”, a-t-elle commenté.

L’artiste a décidé de remplacer “Silence” par une installation vidéo intitulée “Dansons”, représentant une danse du ventre avec en fond sonore l’hymne français La Marseillaise.

La Fédération des associations musulmanes de Clichy, qui a évoqué les risques d’incidents, n’était pas joignable dans l’immédiat.

“Soit on rétablit +Silence+ dans cette exposition, soit on l’annule”, a pour sa part déclaré à l’AFP le galeriste Stéphane Magnan, représentant de plusieurs artistes de l’exposition.

Mardi 27 Janvier 2015 – 21:53

 

Hot Girls Wanted: le porno ado

 

Jill Bauer et Ronna Gradus, deux anciennes journaliste... (PHOTO MICHAEL THURSTON, AFP)

Elles ont 18 ou 19 ans et sont prises dans les nasses de l’industrie du porno attirées par les promesses d’argent facile et peut-être de gloire. Un documentaire-choc au Festival de Sundance raconte comment l’immense majorité d’entre elles sont jetées au bout de 6 mois comme un mouchoir de papier.

Dans Hot Girls Wanted (Filles superbes recherchées), Jill Bauer et Ronna Gradus, deux anciennes journaliste et photographe duMiami Herald dépeignent autant les histoires vraies de jeunes filles un peu candides que la réalité de la lessiveuse d’une industrie constamment à la recherche de viande fraîche.

À l’origine, les deux acolytes enquêtaient sur la consommation de porno en ligne par les jeunes hommes sur les campus de Floride ou de Californie.

Mais ce qui les a le plus frappé en allant à leur rencontre, ce sont les jeunes filles, en rang à la sortie des lycées pour tourner une scène diffusée sur un site porno, contre quelques billets.

«On se disait que ce n’était pas possible, parce que si c’était vrai, il y aurait déjà eu des articles là-dessus. On ne pouvait littéralement pas y croire» s’étrangle Ronna Gradus, coréalisatrice.

Scènes crues 

«C’est la loi de la jungle», reprend Jill Bauer, après la diffusion du documentaire au festival qui se tient dans l’Utah. «Tout le monde peut tourner ce genre de film. N’importe qui peut aller sur Craigslist pour recruter une fille. Il suffit de prouver qu’elle a 18 ans», poursuit-elle.

Jill Bauer a déjà réalisé un film sur un sujet similaire à celui qu’elle présente aujourd’hui: Sexy Baby, sorti en 2012, s’inspirait de la vie d’une préadolescente de 12 ans pour brosser le portrait d’une société obnubilée par le sexe.

Les filles dont elle suit les pérégrinations dans son nouveau documentaire, elles, tournent pour un cachet de misère, attirées par des pubs comme «Hot girls wanted» sur Craigslist, qui leur vendent «un ticket vers la liberté, l’aventure et leurs rêves de gloire immédiate».

Le documentaire, qui montre des scènes crues, est rythmé par des chiffres surprenants, comme ceux du nombre de visites sur les sites pornos.

En plein film, des bannières publicitaires «Latina Abuse» («Filles latines agressées»), ou «18 & Abused» («18 ans et agressée») surgissent comme sur un écran d’ordinateur, accompagnée d’un bruit sourd.

«Nouveaux visages»

Jill Bauer et Ronna Gradus espèrent, avec leur documentaire, provoquer un débat dans la société américaine et peut-être des modifications dans la loi, surtout celle du travail, qui devrait selon elles imposer des règles plus strictes aux producteurs.

Les scènes les plus dérangeantes du film sont les passages concernant les vidéos dites extrêmes. Parmi elles, certaines évoquent la pratique du «facial abuse» («agressions faciales», soit les scènes de fellations forcées), que les nouvelles recrues sont incitées à pratiquer, monnayant une prime.

«On ne pouvait même pas regarder, alors on a demandé à notre monteuse de regarder pour nous et de faire les choix», se souvient Jill Bauer, en parlant d’une séquence en particulier, qui a été coupée à l’image, mais dont le son a été conservé.

L’une des rares raisons de se réjouir dans tout cela, dit-elle, est que l’industrie du porno se lasse rapidement de ces filles, généralement avant six mois. Et la réalisatrice a trouvé deux raisons à cela.

«La première, c’est soit que les parents le découvrent, soit qu’elles ont un nouveau petit ami. La seconde, c’est l’affaire de l’industrie: les filles ne doivent pas rester longtemps sur le marché, car les gens demandent de nouveaux visages.»

Une étudiante nordiste élue Miss Prestige national 2015

La Nordiste Margaux Deroy a été élue dimanche soir à Kirrwiller (Bas-Rhin) Miss Prestige national 2015, en présence de Geneviève de Fontenay qui a créé ce concours dissident de l’élection de Miss France.

La jeune fille de 19 ans, qui concourrait sous les couleurs de la Flandre, a été élue parmi 30 candidates, sur la scène du «Royal Palace», music hall à succès implanté en pleine campagne alsacienne.

«C’était un feu d’artifice d’élégance, de beauté et de talents», s’est félicitée Mme de Fontenay, qui a toutefois rappelé que la France «a vécu il y a quelques jours des heures dramatiques, il ne faut pas l’oublier».

«Puissent un jour les canons de la beauté, incarnées par ces jeunes filles, remplacer une fois pour toutes, toutes les guerres», a conclu la «Dame au chapeau».

La nouvelle Miss Prestige national, qui réside à Gravelines, près de Dunkerque (Nord), est étudiante en licence de droit et aspire à devenir avocate.

Cette 4e édition de l’élection, animée par Olivier Minne et Mélody Vilbert (Miss France 1995), était retransmise en direct sur la chaîne Non Stop People.

Le jury, présidé par l’ancien directeur général de France 2, Jean Réveillon, réunissait notamment les frères Igor et Grichka Bogdanov, l’animatrice Danièle Gilbert et Miss France 1969, Suzanne Angly.

Le titre Miss Prestige national a été créé en 2010 par des comités restés fidèles à la Dame au chapeau alors qu’un «conflit éthique» faisait rage entre Geneviève de Fontenay et la société de production Endemol à qui elle avait cédé l’élection de Miss France huit ans plus tôt.

En novembre 2013, Endemol et Geneviève de Fontenay ont finalement enterré la hache de guerre en signant un pacte de non-agression, en échange de l’abandon des procédures judiciaires qui les opposaient, notamment pour concurrence déloyale et parasitisme.

Au terme de cet accord, l’élection Miss Prestige national peut désormais se dérouler après le 7 janvier de chaque année, à distance de la cérémonie Miss France dont le millésime 2015 s’est déroulée le 6 décembre à Orléans.

Geneviève de Fontenay est désormais présidente d’honneur du Comité Miss Prestige National, que préside Christiane Lillio, Miss France 1968.

AFP

 

Incidents à répétition: difficile week-end sous la Manche, trafic normal lundi

Le trafic ferroviaire fret et passagers sous la Manche devait être complètement rétabli lundi, même si des retards étaient à prévoir, après les fortes perturbations tout au long du week-end dans le tunnel entre l’Angleterre et le continent.

«Eurostar prévoit de reprendre un service complet dès (lundi) et demande à ses voyageurs de se présenter en gare normalement. Le tunnel (…) n’étant pas entièrement opérationnel, des retards pouvant aller jusqu’à 30 minutes sont encore à prévoir», a expliqué dimanche la compagnie ferroviaire dans un communiqué.

«Tout le tunnel ne sera pas réparé demain, mais il y aura des parties qui seront réparées et on aura plus de facilités de circulation dans le tunnel, ce qui nous permettra d’avoir un service normal», avait, de son côté, déclaré un peu plus tôt le directeur général d’Eurostar, Nicolas Petrovic.

La compagnie, qui pensait enfin être en mesure de convoyer ses passagers de part et d’autre du «Channel» après une fermeture de plus de douze heures samedi, due à un début d’incendie, a été contrainte de supprimer dimanche onze trains entre Londres, Bruxelles et Paris, l’incident étant «en cours» de règlement, d’après le site internet d’Eurotunnel.

L’attente, pour le service passagers, était évaluée à environ trois heures dans les deux sens sur la liaison Calais-Folkestone, selon l’exploitant du tunnel sous la Manche.

Il était demandé aux passagers de ne pas se présenter en gare s’ils n’avaient pas de réservation pour la journée de dimanche et ceux qui n’avaient pu voyager samedi étaient invités à plutôt faire au téléphone les démarches en vue d’un échange ou d’un remboursement.

Ces nouvelles perturbations ont été occasionnées par un problème électrique sur une caténaire, obligeant Eurotunnel à fermer l’installation pendant deux heures dimanche.

«Eurotunnel a eu un autre incident d’infrastructures, un incident technique d’électricité sur une caténaire vers 10 heures du matin, donc ils ont refermé les deux tunnels de 10 heures à midi», a expliqué à l’AFP M. Petrovic.

La circulation n’avait alors repris que depuis quelques heures, à 02H45 GMT au départ de la Grande-Bretagne et à 04H30 GMT à partir de la France.

 

- «Plusieurs milliers» de clients touchés -

Tout l’après-midi de samedi et une bonne partie de la nuit, le tunnel était resté fermé après un début d’incendie, rapidement maîtrisé, mais qui a paralysé toute circulation en raison d’une importante fumée.

Alors que 400 trains – et environ dix fois plus de camions – empruntent le tunnel chaque jour dans les deux sens, de nombreux passagers étaient restés à quai de part et d’autre de la Manche, contraints pour certains de passer la nuit à l’hôtel.

Eurostar a d’ailleurs estimé à «plusieurs milliers» le nombre de ses clients touchés par la situation, sans pour autant préciser si des rames supplémentaires avaient été mises en service pour faciliter leur voyage.

La compagnie évoquait seulement dimanche matin des trains «très chargés» et une disponibilité «limitée» sur son site internet, assurant qu’elle ferait de son «mieux» pour transporter les passagers qui devaient voyager samedi mais, de préférence, sur des trains «partant après 13H00 GMT» dimanche.

La direction d’Eurotunnel cherchait à évaluer les dégâts causés par l’incendie de la veille : des experts étaient toujours présents dans le tunnel nord sous lequel la navette sinistrée restait bloquée.

Dès que les détecteurs de fumée avaient signalé l’incident samedi au passage d’une navette-camions allant de l’Angleterre vers la France, les systèmes de sécurité avaient arrêté le convoi dans le tunnel, côté français, afin de l’inspecter.

La quarantaine de personnes présentes sur la navette avaient été évacuées par le tunnel de service et prises en charge au terminal français.

En novembre 2012, un incendie sur une navette de fret avait déjà entraîné l’arrêt du trafic sous la Manche, pendant deux heures. Et le 11 septembre 2008, un incendie sur une navette de poids lourds avait causé d’importants dégâts. 650 mètres de structures avaient été endommagés dans la section sud du tunnel, ce qui avait paralysé le trafic pendant environ 30 heures. L’incendie avait ensuite perturbé pendant cinq mois la circulation des Eurostar, trains de marchandises et navettes de tourisme.

AFP

 

Un groupe se réclamant de l’EI pirate le compte Twitter du Centcom

Des pirates informatiques se réclamant du groupe Etat islamique ont brièvement pris le contrôle lundi des comptes Twitter et YouTube du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), une intrusion embarrassante pour l’armée américaine en pleine guerre contre l’EI en Syrie et Irak.

Le piratage a duré 30 minutes, selon le Pentagone. Aucun document classifé n’a été diffusé, a précisé le Centcom.

Au moment de l’attaque, le compte Twitter du Centcom affichait une bannière noire et blanche, avec l’image d’un combattant masqué et les mots «CyberCaliphate» et la mention «I love you Isis» (acronyme américain de l’Etat islamique, ndlr).

«L’EI est déjà là, nous sommes dans vos ordinateurs, dans chaque base militaire américaine», écrivaient par exemple les pirates.

Les messages comportaient aussi des documents ayant l’apparence de documents officiels, comme une liste d’adresses personnelles d’officiers américains.

Le Pentagone a rapidement minimisé la portée du piratage, survenu au moment même ou le président Barack Obama s’exprimait à Washington sur la protection des données personnelles.

C’est un «acte de vandalisme (…) à peine plus qu’une cyber-blague», a déclaré le colonel Steven Warren,un porte-parole du Pentagone. «En aucun cas cela ne compromet nos opérations», a-t-il estimé.

Les pirates ne sont en aucun cas entrés dans les systèmes informatiques du Pentagone, ils ont piraté des comptes hébergés à l’extérieur, par des sociétés commerciales, a-t-il souligné.

«Twitter a été piraté, pas le Centcom», a-t-il encore affirmé.

Après avoir suspendu les comptes attaqués, les militaires américains se sont attachés à identifier les documents publiés. «Notre première évaluation est qu’aucune information classifiée n’a été publiée», a déclaré le Pentagone quelques heures après le piratage. Les informations postées «ne viennent pas du serveur du Centcom», a ajouté le Pentagone.

- Communication et propagande -

Le colonel Warren de son côté a expliqué que les données personnelles publiées sur les officiers américains étaient «publiques», accessibles à tous.

Lors de son point de presse quotidien, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a lui aussi invité à ne pas surévaluer l’incident en terme de sécurité informatique.

«Il y a une différence assez notable entre un piratage de compte de Twitter et une intrusion dans des données informatiques» a-t-il souligné.

Le commandement militaire au Moyen-Orient, qui supervise toutes les opérations militaires en Irak, en Syrie et en Afghanistan, est situé à Tampa, en Floride (sud-est).

Certains documents postés ressemblaient à des copies d’écran d’autres sites internet.

Un message comportait une liste de sites nucléaires en Corée du Nord, publiée en réalité par la Fédération des scientifiques américains, une respectable ONG américaine informant le public sur les questions scientifiques et nucléaires.

Un des messages postés faisait référence à la Chine et aux opérations d’ISR (acronyme militaire pour Renseignement, surveillance et reconnaissance) dans la zone. «Les réseaux du Pentagone piratés !», disait un gros titre au-dessus d’un genre de présentation Power Point, semblant plus académique que militaire.

Les chefs militaires américains ont déjà relevé les talents du groupe EI pour la communication et la propagande, notamment pour attirer de nouvelles recrues.

Pour ce qui concerne la sécurité informatique, les autorités américaines sont plus préoccupées par des attaques comme celle qui a visé Sony Pictures, un acte qui est attribué à la Corée du Nord.

Ce piratage, l’un des plus importants jamais subis par une entreprise, a dévasté le système informatique de Sony Pictures, dérobé et diffusé sur internet les données confidentielles de 47.000 employés et tiers du studio.

Lundi, au moment même du piratage des comptes du Centcom, le président Barack Obama présentait plusieurs projets de loi visant à renforcer la protection des données personnelles sur internet, en musclant et en harmonisant les règlementations en place.

La France renforce la sécurité, Charlie Hebdo persiste et signe

Le journal satirique Charlie Hebdo, décimé par un attentat islamiste pour avoir publié des dessins deMahomet, persiste et signe en Une de son prochain numéro de mercredi en lui faisant proclamer: “Je suis Charlie”.

La nouvelle Une de Charlie Hebdo est dévoilée alors que le gouvernement s’est attelé à renforcer la sécurité et préserver le fragile trésor de l’unité au lendemain de la marche historique contre le terrorisme qui a réuni près de 4 millions de personnes dans tout le pays.

Charlie Hebdo représente en couverture un prophète qui pleure, habillé de blanc, et tenant entre ses mains le slogan mondial des manifestants contre l’attentat.

- “Tout est pardonné” -

Au-dessus du dessin, le journal titre “Tout est pardonné”, un dessin signé Luz obtenu par l’AFP lundi soir.

Ce numéro dit “des survivants” — Luz est l’un des rescapés de la fusillade de mercredi — sera tiré à trois millions d’exemplaires, contre 60.000 habituellement, et vendu dans 25 pays.

La marche en soutien à Charlie Hebdo a constitué une “réponse inouïe, extraordinaire” aux attentats qui ont fait 17 morts, a salué lundi Manuel Valls tandis que l’exécutif annonçait de premières mesures de protection, notamment à destination de la communauté juive.

Ardente obligation pour le gouvernement: éviter de nouvelles tragédies comme celles qui ont coûté la vie à 12 personnes mercredi à Charlie Hebdo, une policière le lendemain à Montrouge et 4 personnes de confession juive dans une épicerie casher vendredi porte de Vincennes.

Les 717 écoles et lieux de culte juifs de France ont été protégés, dès ce lundi, par 4.700 policiers et gendarmes supplémentaires.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a fait cette annonce devant des parents d’élèves de l’école juive Yaguel Yaacov de Montrouge (Hauts-de-Seine).

C’est près de cet établissement qu’a été tuée une jeune policière jeudi, attaque revendiquée par le jihadiste Amédy Coulibaly, auteur ensuite de la prise d’otages sanglante à l’Hyper Cacher.

En outre l’armée va déployer des moyens sans précédent pour assurer la sécurité du territoire. Le nombre de militaires, qui était de 2.000 dimanche soir sur le terrain, passera ainsi à 5.400 lundi soir, 8.500 mardi et 10.500 mercredi.

Ces renforts iront aussi à la protection des lieux de culte musulmans, a-t-on indiqué Place Beauvau en début de soirée, après l’annonce que plus d’une cinquantaine d’actes antimusulmans ont été relevés depuis l’attentat jihadiste contre Charlie Hebdo mercredi. “Du jamais vu” selon l’Observatoire contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM).

Sur le plan législatif, le gouvernement, qui a déjà adopté deux lois antiterroristes en deux ans, a formulé quelques pistes. Manuel Valls a ainsi déjà annoncé vouloir améliorer le “renseignement” en milieu carcéral et “généraliser” l’isolement en prison “des détenus islamistes radicaux”.

Autres chantiers que pourrait évoquer Manuel Valls mardi à l’Assemblée: “améliorer” le système des écoutes administratives et judiciaires. Hasard du travail parlementaire, le gouvernement a déjà un “véhicule” législatif à l’approche à travers une loi sur le renseignement en préparation.

De son côté, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a préconisé lundi des mesures d’interdiction de territoire de Français de retour de jihad en Syrie ou encore l’”encellulement individuel” des jihadistes.

Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi, l’un des deux frères auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo, étaient passés par la prison avant leurs attaques mortelles.

Le premier, a dit M. Valls sur BFMTV et RMC, avait “sans doute un complice”, la traque “se poursuit”, a-t-il ajouté. Quelque 1.400 jihadistes français ou résidents en France sont “concernés” par des départs pour combattre en Syrie et en Irak et 70 y sont morts, a-t-il précisé.

- ‘L’esprit du 11 janvier’ -

Le consensus émotionnel autour des 17 morts devrait se prolonger par plusieurs cérémonies.

François Hollande présidera un hommage solennel aux trois policiers tués mardi à 11H00 à la préfecture de police de Paris. Il y aura aussi cette semaine un hommage aux Invalides à l’ensemble des victimes des attentats de la semaine dernière.

Une séance spéciale aura lieu mardi à l’Assemblée pour un hommage qui remplacera les souvent batailleuses questions au gouvernement.

Dans les prises de parole lundi affleurait le désir de préserver l’unité qui a fait du 11 janvier un jour historique.

L’ancien Premier ministre Alain Juppé a ainsi salué le “sang-froid et la détermination” de l’exécutif dans la gestion de la crise alors que Nicolas Sarkozy a estimé que François Hollande “a fait ce qu’il devait faire”.

Le Parlement va tirer les leçons des attentats de la semaine dernière pour renforcer la lutte contre le terrorisme, vraisemblablement à travers la constitution d’une commission d’enquête, selon des sources concordantes.

Nicolas Sarkozy, interrogé sur l’association ou non du FN à ces réflexions, a appelé à n’exclure personne, interrogé sur l’association ou non du FN à ces réflexions.

Ce qui n’a pas empêché Marine Le Pen de juger que sa proposition de commission commune n’était pas une réponse à la hauteur.

Manuel Valls a appelé “chacun” à ne pas “laisser retomber l’esprit du 11 janvier”, notamment à l’école où des minutes de silence ont parfois été perturbées jeudi .

La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a ainsi consulté lundi les syndicats de l’éducation et les fédérations de parents sur les valeurs de la République.

Une enquête a été aussi ouverte lundi pour apologie du terrorisme à l’encontre du polémiste Dieudonné, qui a écrit dimanche sur sa page Facebook: “Je me sens Charlie Coulibaly.”

“Il ne faut pas confondre la liberté d’opinion avec l’antisémitisme, le racisme, le négationnisme”, a insisté Manuel Valls. Et l’actionnaire de plusieurs Zenith a donné instruction à ses équipes de “ne pas programmer le spectacle de Dieudonné”.

La mobilisation populaire suscitée par les attentats a été inédite par sa dimension planétaire et les images stupéfiantes qu’elle a donnée dimanche de dirigeants étrangers défilant sur la même ligne, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

M. Netanyahu s’est recueilli lundi matin sur les lieux de la prise d’otages du supermarché casher, allumant une bougie à la mémoire des victimes.

Et la Maison Blanche a même regretté publiquement de ne pas avoir envoyé un responsable de premier plan à la “marche républicaine”.

Merkel s’immisce dans les législatives grecques et suscite la controverse

Angela Merkel aurait avancé être prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro en cas d’arrivée au pouvoir de la gauche radicale dans ce pays.

Angela Merkel aurait avancé être prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro en cas d’arrivée au pouvoir de la gauche radicale dans ce pays.

La chancelière Angela Merkel suscitait dimanche la controverse en Allemagne, jusqu’au sein de sa majorité politique, après une information de presse selon laquelle elle était prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro en cas d’arrivée au pouvoir de la gauche radicale dans ce pays.

«Le gouvernement allemand juge quasiment inévitable une sortie (de la Grèce) de la zone euro, si le chef de l’opposition Alexis Tsipras (Gauche radicale Syriza) dirige le gouvernement après les élections (législatives du 25 janvier), abandonne la ligne de rigueur budgétaire et ne rembourse plus les dettes du pays», a écrit samedi soir sur son site internet l’hebdomadaire Der Spiegel, s’appuyant sur «des sources proches du gouvernement allemand».

Pour les médias allemands, la chancelière et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble (tous deux conservateurs CDU) tentent de faire pression sur les électeurs grecs ou sur M. Tsipras lui-même. Mais la démarche est controversée, y compris au sein de sa coalition gouvernementale, des sociaux-démocrates mais aussi des conservateurs ayant exprimé publiquement leur réprobation.

Interrogés par l’AFP, la chancellerie et le ministère allemand des Finances n’ont souhaité ni confirmer, ni démentir, les informations du Spiegel. «La Grèce a rempli ses obligations dans le passé. Le gouvernement allemand part du principe que la Grèce va continuer à l’avenir de remplir ses obligations envers la troïka» de ses créanciers (Union européenneBanque centrale européenneFonds monétaire international), a simplement déclaré un porte-parole du gouvernement.

Un haut responsable de la CDU, Christian Bäumler, a adressé une mise en garde dimanche: «en cas de sortie de l’euro, les dettes (de la Grèce) ne pourraient pas être remboursées, et l’Allemagne porterait une part significative du fardeau».

«Avec ce scénario de menace (…), le gouvernement se mêle indirectement de la campagne (électorale) grecque. C’est extrêmement risqué et c’est une erreur», commentait dimanche le quotidien Die Welt, proche des conservateurs.

«Cette menace est susceptible d’encore renforcer le mécontentement en Grèce vis-à-vis des Allemands et d’aider ainsi Alexis Tsipras dans sa campagne. (…) Cela pourrait aussi nourrir l’instabilité en Grèce et même conduire» à un mouvement de panique s’accompagnant d’une ruée vers les guichets des banques pour des retraits de dépôts, poursuivait Die Welt.

«Coup de bluff»

Enfin, «les élites politiques grecques pourraient voir dans la menace de Merkel un pur coup de bluff et augmenter au contraire la pression sur leurs créanciers européens», ajoutait le quotidien.

En théorie, aucun mécanisme ne prévoit la sortie d’un pays de la zone euro. Mais à Berlin, on imagine que si la Grèce ne remplissait plus ses engagements, la BCE pourrait restreindre les possibilités de refinancement des banques grecques au point de contraindre Athènes à réintroduire la drachme…

Les sociaux-démocrates (SPD), membres de la «grande coalition» au pouvoir à Berlin, ont publiquement contesté la démarche attribuée à Mme Merkel.

Ainsi, le vice-président du groupe SPD au Bundestag (la chambre basse du parlement), chargé de l’euro, a estimé que les conservateurs avaient, seuls, été à l’origine de cette «fuite». «Un changement de ligne du gouvernement? Plutôt une grave erreur de la CDU», a-t-il commenté sur son compte twitter.

Dès samedi, le secrétaire d’Etat social-démocrate aux Affaires européennes, Michael Roth, avait pris ses distances. «La Grèce est membre de la zone euro. Et doit le rester», avait-il affirmé via son compte Twitter.

La Gauche radicale allemande (opposition), a sans surprise tiré à boulets rouges sur la chancelière. «Avec ce type de chantage public on veut déstabiliser la Grèce avant les élections», a jugé le président de Die Linke, Bernd Riexinger.

Le parlement grec a annoncé mercredi sa dissolution et a confirmé l’organisation le 25 janvier d’élections législatives anticipées pour lesquelles la gauche radicale, Syriza, est donnée favorite par les sondages.

Une telle victoire de Syriza marquerait l’amorce d’un «changement nécessaire» en Europe qui entraînerait notamment l’Espagne et l’Irlande sur la même voie, a pronostiqué samedi son chef, Alexis Tsipras, pourfendeur des politiques d’austérité imposées à la Grèce par ses créanciers.

En Afghanistan, même les orphelins sont victimes de la corruption

En Afghanistan, même les orphelins sont victimes de la corruption

Au coeur de Kaboul, capitale d’un pays secoué par les conflits depuis 35 ans, l’orphelinat privé Fenêtres d’espoir (Windows of Hope) accueille 12 enfants, en majorité des handicapés, avec un maigre budget soutenu par quelques dons étrangers.

Ces sont les enfants dont personne ne s’occupe“, explique Frozan, 22 ans dont déjà six à la tête de l’orphelinat, sans cacher la difficulté de la tâche, car “ils ont besoin de quelqu’un à tout moment de la journée“.

Beaucoup sont des victimes de la guerre, qui ont perdu leurs familles. Ils ont souffert, ils ont des problèmes psychologiques, et les proches qui leur restent ne sont pas prêts à les garder“, dit-elle.

Frozan a elle même perdu ses parents dans un bombardement pendant la guerre civile des années 1990. Elle avait alors six mois, et y a perdu une jambe. Malgré le traumatisme cette jeune femme déterminée a décidé de s’investir corps et âme pour aider ses jeunes semblables.

Au moins son orphelinat reste-t-il, en principe, à l’abri de la corruption qui gangrène et paralyse la trentaine d’orphelinats d’Etat. Et avec sa taille réduite, il peut choyer davantage ses orphelins que les grands établissements publics.

Dans l’un d’eux en effet, le Tahia Maskan à Kaboul, 500 garçons âgés de 11 à 18 ans vivent dans un grand bâtiment délabré et sous-équipé.

- Faux orphelins -

Nos enfants mangent de la viande, du yaourt et des fruits au moins trois fois par semaine, et du riz tous les jours“, explique le directeur des orphelinats d’Afghanistan, Sayed Abdullah Hashimi, qui gère également le Tahia Maskan.

Mais il admet également que certains parents bien connectés utilisent les orphelinats pour loger et éduquer leurs enfants à peu de frais, détournant l’aide déjà maigre destinée aux vrais orphelins. “Ils ont des relations avec les élus et les ministres“, confirme Frozan, furieuse, en appelant le gouvernement à ne plus accepter que “les orphelins légitimes” dans ses orphelinats.

Après la chute des talibans en 2001, les milliards de dollars de l’aide internationale ont alimenté une corruption endémique qui a fait de l’Afghanistan le quatrième pays le plus corrompu au monde selon Transparency International.

Le nouveau président Ashraf Ghani a, dès son arrivée au pouvoir en septembre dernier, promis de s’attaquer à ce fléau, mais la tâche est titanesque dans un pays où il n’épargne aucun secteur.

Les orphelinats ne fournissent pas les services aux plus vulnérables“, résume sans ambages Sami Hashemi, spécialiste de la protection de l’enfance pour l’Unicef à Kaboul, en dénonçant implicitement les détournements de fonds publics.

Sur les 85 afghanis (un peu plus d’un euro) alloués par jour pour les repas des enfants, seul 50 afghanis sont versés aux établissements, le reste étant capté au passage par de nombreux responsables, assure-t-il.

- ‘Besoin de personnes intègres’ -

Nous avons besoin de personnes intègres” et “dédiées à la seule cause des enfants“, pas de “corrompus“, plaide Sayed Abdullah Hashimi.

Seuls 12% des quelque 110.000 orphelins que compte le pays sont en orphelinats, selon le gouvernement. La majorité des autres est prise en charge par la famille élargie.

Mais M. Hashimi reste optimiste, en rappelant qu’”avec le soutien de la communauté internationale, les conditions de vie dans les orphelinats se sont beaucoup améliorées” ces dernières années. “Nous espérons résoudre tous les problèmes, y compris la corruption“.

Outre la corruption, l’incertitude sur la pérennité des ressources pourrait peser sur l’avenir des orphelins en Afghanistan, au moment où l’Otan vient de retirer du pays ses troupes de combat, et que beaucoup anticipent une forte baisse de l’aide internationale à l’Afghanistan ces prochaines années.

Cette manne, qui finance une bonne partie du budget afghan, est massive: selon le gouvernement américain, les Etats-unis y ont à eux seuls dépensé 104 milliards de dollars depuis 2002 pour la reconstruction du pays, forces de sécurité comprises.

A défaut de mettre fin au conflit, elle a permis de construire de nouveaux équipements et de financer de multiples programmes d’aides. Mais l’impact a été bien moins décisif qu’espéré, notamment dans les services sociaux comme les orphelinats.

Pour continuer à exister, l’orphelinat Fenêtres d’espoir espère être à l’avenir aidé par le gouvernement ou d’autres acteurs locaux.

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Dans son message de Noël, Nicolas Sarkozy fait l’éloge de la laïcité

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LE SCAN POLITIQUE – À la veille de Noël, le président de l’UMP assure que la laïcité est un facteur du rassemblement dont la France a besoin pour affronter la crise. Il juge également que les récentes agressions doivent être punies «avec la plus extrême rigueur».Nicolas Sarkozy avait joué la carte de la discrétion ces derniers jours, alors que les drames se succédaient à Joué-lès-Tours, Dijon ou Nantes. Mais à la veille de Noël, le président de l’UMP sort de son silence. Dans un message publié sur sa page Facebook, l’ancien chef de l’État juge que ces agressions doivent être punies «avec la plus extrême rigueur». «La faiblesse et le laxisme nous sont interdits face à de tels comportements», écrit-il. «Je veux dire mon soutien à nos compatriotes qui viennent d’être les victimes d’une violence aveugle et démente alors qu’ils faisaient simplement leurs derniers préparatifs de fête». Alors que les enquêtes démarrent, le patron de l’UMP ne prend pas le risque d’évoquer le terrorisme djihadiste.

Dans son message de Noël, il tient cependant à fustiger les «bourreaux» de l’État islamique et la persécution des chrétiens d’Orient. «Ils vont célébrer Noël dans le dénuement le plus complet car ils ont été chassés de leurs villages et de leurs maisons pour avoir commis le crime de ne pas prier comme leurs bourreaux», déplore-t-il. «En France, dans un pays longtemps miné par les guerres de religion et la tentation de l’intolérance, la laïcité est un rempart qui protège la liberté de conscience. La laïcité n’est pas là pour condamner ou pour exclure mais pour rapprocher, réconcilier et même rassembler ceux que les différences dans la foi ou l’incrédulité pourraient opposer», affirme encore l’ancien chef de l’État.

Une «unité» dont la France a besoin popur «affronter la crise», estime Nicolas Sarkozy. «Ne cherchons pas à la diviser par des jeux de rôles. La vie collective est toujours un équilibre fragile», soutient-il. «Une histoire longue, tumultueuse et douloureuse nous a appris, en France, à préserver la paix civile par le culte de la tolérance et la pratique quotidienne du respect de l’autre. La célébration de Noël et la joie qui l’accompagne n’offensent personne et disent simplement ce que nous sommes», conclut-il.

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